JEAN-DANIEL POLLET (1936-2004)
La carrière de Jean-Daniel Pollet s'inscrit sous le triple signe de la recherche de la perfection, d'une volonté insatiable d'innovation, mais aussi de la malchance. Ce réalisateur discret, ignoré du grand public, est pourtant l'un des auteurs phares du cinéma né de la nouvelle vague.
Le matériel à vocation militaire est détourné pour une expérience cinématographique : filmer l'ennui d'une salle de danse le dimanche après-midi. Au fil des semaines, la figure d'un habitué émerge des rushes. Pollet découvre ainsi celui dont il fera le Buster Keaton français, Claude Melki. L'expression de sa timidité maladive engendre les plus belles séquences du film (Pourvu qu'on ait l'ivresse..., 1957) et fait naître un personnage récurrent, Léon. Jean-Daniel Pollet l'utilisera quatre fois en moins de quinze ans, toujours avec le même bonheur : de Gala (1962) à L'Acrobate (1975), où Léon vainc sa timidité par le biais de la danse et se métamorphose en séducteur. La veine comique de ces œuvres, mêlant le réalisme populaire à l'absurdité de la banalité quotidienne, va tracer une voie dont seul Jacques Tait avait donné l'exemple dans le cinéma français.
Cette partie – la mieux connue de sa filmographie – masque dans un premier temps la singularité du reste de ses expérimentations. Acteur de la nouvelle vague dont il est le benjamin en tournant son premier long-métrage à vingt-trois ans (La Ligne de mire, 1959, inédit), Jean-Daniel Pollet enchaîne avec des films à caractère alimentaire et des sujets pour la télévision. Viennent ensuite un film policier esthétisant destiné à lancer Françoise Hardy au cinéma (Une balle au cœur, 1965),

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