sábado, 4 de julio de 2015


JEAN KERCHBRON (1924-2003)


Jean Kerchbron, réalisateur, scénariste et adaptateur, décédé à Neuilly-sur-Seine, à l'âge de soixante-dix-huit ans, le 3 février 2003, disparaît l'un des grands pionniers de la télévision française. Né à Paris, le 24 juin 1924, d'origine juive, il rejoint la Résistance ; capturé et condamné à mort, il s'évadera. À la Libération, il achève des études d'ingénieur électrotechnicien, entre comme ingénieur du son, puis metteur en ondes, à la Radiodiffusion française, avant de rejoindre la toute petite équipe d'une télévision encore très artisanale. La même année 1950, il réalise une série documentaire, Les Villages de Paris, et consacre plusieurs émissions à la musique. Comme les quelques réalisateurs de l'époque, il aborde tous les genres, et notamment les variétés (Cabaret du soir, 1958 ; Du Caf'conc' au music-hall, 1960-1964) ; mais c'est avec les dramatiques qu'il va se distinguer. Inventif, Jean Kerchbron croit en la spécificité d'un langage télévisuel fondé sur le rapport très particulier qui se nouerait entre les acteurs et les téléspectateurs. Il considère comme une mission de dépoussiérer les grands textes du théâtre classique pour les proposer au public déjà considérable de la télévision. Militant de « la télévision des professeurs », il parvient à imposer l'alexandrin au petit écran, ce qui lui vaudra le surnom de Britannicus. Il réalise et adapte successivement, de Racine, Bajazet (1958), Britannicus (1959) dont la critique salue les audaces de mise en scène, la virtuosité des mouvements de caméra et l'originalité du décor, Bérénice (1959, grand prix de la critique de télévision), Iphigénie (1965), Phèdre (1980) ; de Corneille, Horace (1963), Cinna (1964) ; de Molière, Georges Dandin (1954), Le Misanthrope (1959), etc. Une prédilection le porte vers le théâtre de Victor Hugo : il adapte ou co-adapte et réalise Mangeront-ils ? (1957), Hernani (1961), Marion Delorme (1967), L'Homme qui rit (1971), Torquemada (1976).

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