MAURICE PIALAT (1925-2003)
Né le 31 août 1925 à Cunlhat (Auvergne), Maurice Pialat aurait pu, de par son âge, faire partie des cinéastes de la Nouvelle Vague
En 1960, L'Amour existe annonce les films à venir de Maurice Pialat. « Longtemps j'ai habité la banlieue. Mon premier souvenir est un souvenir de banlieue. » Ce commentaire situe le monde du cinéaste, comme il aimait à le répéter, du côté de « ceux qui prennent le métro », à l'image du cinéma français populaire des années 1930. L'Amour existe et L'Enfance nue, son premier long-métrage, chacun à leur manière, comportent un aspect documentaire. Ce qui ne suffit pourtant pas à faire de Pialat le chroniqueur de la France profonde. Le cinéaste détestait d'ailleurs les étiquettes de « réaliste » ou de « naturaliste », et on ne saurait les appliquer à un film qui touche au surnaturel comme Sous le soleil de Satan, ou bien à l'interrogation concrète autant que spirituelle sur l'art et l'artiste que formule Van Gogh. De même que les cinéastes de la Nouvelle Vague, Pialat croit à l'objectivité absolue de la « machine » des frères Lumière tout autant qu'à un cinéma « à la première personne » défendu par François Truffaut. De plus, la biographie imprègne chacun de ses films et l'émotion vécue est au cœur de sa démarche, l'empêchant, parfois malgré lui, de se plier à l'attente supposée d'un public. Il en résulte une œuvre chaotique, faite de refus, de succès et d'échecs, qui ne ressemble à rien d'autre qu'à elle-même et à son auteur, et qui demeure un exemple pour toute une génération de jeunes réalisateurs.

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